Les Livralires : "La librairie disparue" de Évie Woods

 Evie WOODS "La librairie disparue" City Édition. Catégorie Échappée Littéraire.

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Bonjour,

Aujourd'hui nouvelle chronique littéraire. L'auteure est irlandaise et pas autoéditée, mais... "livralire" quand même !

J'espère avec mes mots, vous donner l'envie de découvrir l'univers d'Evie Woods. Dites-moi en commentaire si j'ai fait mouche.

02h34. J'ai bataillé contre le sommeil et je l'ai vaincu. Impossible de refermer ce livre sans en connaître la fin ! Ici, le merveilleux et le fantastique conspirent à nous faire retrouver notre âme d'enfant.

“La librairie disparue” est un petit bijou. Une perle précieuse que l'auteure façonne au fil des pages, alternant couches d'émotions, de rêves, et de mystère.

À l'instar de “La maison aux sortilèges” d'Émilia Hart, Evie Woods nous conte avant tout une histoire de femmes et de résilience.  Le lecteur voyage de l'Angleterre à l'Irlande, le récit alternant les temporalités, avec des incursions récurrentes dans les années 1920, et le constat affligeant de la condition féminine dans cette période d'avant guerre, où les hommes faisaient interner des femmes sous des prétextes fallacieux (hystérie, psychoses puerpérales...), les réduisant ainsi au silence pour préserver leur moralité perverse.

Sur fond d'enquête littéraire centrée sur la vie des sœurs Brontë, l'auteure, un peu à la manière de “Da Vinci Code”, délivre ses indices avec parcimonie, le jeu de piste nous tenant en haleine jusqu'au dénouement totalement imprévisible. Ici pas de Cryptex, mais un mystérieux manuscrit aux propriétés magiques et un arbre étrange qui pousse dans un sous-sol. Des livres qui apparaissent comme par magie, des murs qui respirent, un tatouage secret. Le personnage de madame Bowden, avec son humour grinçant, m'a fait penser à Violet Crawley incarnée par la merveilleuse Maggie Smith dans la série Downton Abbey.

Celui de Martha, est le reflet de toutes ces femmes d'hier et d'aujourd'hui, victimes de violences conjugales. Parfait symbole de résilience et de courage, elle nous montre qu'une renaissance est possible, qu'il reste toujours un peu de nous dans le néant. Le personnage d'Opaline quant à lui, incarne l'émancipation. La volonté farouche d'une jeune femme, inspirée par les suffragettes, de s'affranchir d'un destin décidé par les conventions et une bienséance désuète hypocrite. Henry pour sa part, est comme le chien du jeu de quilles. Il apparaît, gauche, immature et attachant, et vient bouleverser l'ordre établi.

“La librairie disparue”, c'est aussi une histoire d'amour teintée d'exotisme, et d'autres plus ou moins heureuses, au travers des hommes qui croisent le chemin des héroïnes. Mais c'est surtout  l'amour des LIVRES ! Celui de l'odeur du papier, de sa texture, du doux bruit des pages effleurées, des couvertures somptueuses. L'amour du livre rare, précieux, qu'il faut absolument posséder, quoiqu'il en coûte.

Ce livre est un enchantement au sens propre du terme. Il bouscule nos peurs, nos incertitudes, et révèle notre estime de nous. Il nous tire de l'ombre vers la lumière. Je me suis sentie comme l'héroïne de Lewis Carroll, à la poursuite du lapin blanc. J'ai poussé la porte de “La librairie disparue” et je suis entrée dans un monde étrange et merveilleux.

Je vous invite chaleureusement à entrer vous aussi dans le monde d'Evie Woods. Laissez-vous porter par sa plume gracile et sensible, entre rêve et réalité. Peut-être trouverez-vous votre "librairie disparue", et sur une étagère, un livre qui vous choisira et vous contera votre histoire, qui sait ?

Amélie LOU

 

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