LIVRALIRE déf. : Nom masculin. Se dit d'un livre qu'il serait bon de lire pour son univers, son histoire,
ses personnages et les émotions qu'il procure.
Synonymes : Coup de cœur, jolie découverte, pépite… ;)
DES CHRONIQUES LITTÉRAIRES DÉDIÉES À L'AUTOÉDITION
Ces chroniques visent à faire découvrir et promouvoir les ouvrages issus de l'autoédition. Elles sont bienveillantes car uniquement rédigées à propos de lectures que j'ai aimées. Ici aucune complaisance, mais les ressentis sincères d'une amoureuse des livres en quête de nouveaux talents, hors des sentiers battus de l'édition classique.
Si certaines chroniques sont plus centrées sur le fond que sur la forme, c'est que à mon goût, l'ouvrage mériterait une relecture pour valoriser tous ses aspects. Ce qui n'entache en rien l'intérêt de l'histoire, ni les émotions ressenties. On écrit d'abord avec son cœur, pas sa tête ;)
Les "LIVRALIRES" sont distingués en 2 catégories :
- Les Voyages Littéraires : Pour les lecteurs en quête d'évasion (ouvrages d'aventure et d'exploration aux univers variés).
- L'Écho des Mots : Pour un public plus introspectif (ouvrages avec une approche poétique et contemplative, ou avec une réflexion plus profonde sur l'impact des mots ou des histoires).
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Les "LIVRALIRES" d'Amélie LOU
Christian Gastou "La sueur des cargos" éditions Édilivre
Catégorie L'Écho des mots
Sublime évasion !
Bonjour, je partage avec vous mon ressenti suite à la lecture de "La sueur des cargos", magnifique recueil de poèmes. Je vous préviens c'est un peu long (ce n'est pas une excuse), mais comment faire autrement face à un tel talent ?!
Que dire de ce recueil de poèmes ? Le titre déjà : “La sueur des cargos”, qui sonne comme une promesse de voyages. Ils seront intérieurs. Ici on reste sur le quai, on assiste aux départs, on rêve les destinations, car comme le dit l'auteur, il n'est pas globe-trotteur.
J'ai adoré ces rêves, dans les contrées sans fin où les cieux s'habillent aux couleurs de l'amour, de la mélancolie, de la nostalgie des lieux, des gens, et des purs sentiments. Christian Gastou est un poète magnifique, merveilleux architecte de la rime, édifiant des échafaudages sublimes (“Tendre présage”, “La saint Jean”, “Les collines de Crève Cœur”...) où s'accrochent ses mots, funambules intrépides, bien qu'il se défende d'un certain conformisme.
Monsieur Gastou, j'ai adoré vos “traces d'encre”, qui souvent dans la nuit, quand lues à voix haute pour en savourer la musicalité, je les aient ponctuées d'un vulgaire : “putain c'que c'est beau !” J'ai voulu au début placer des marque-pages pour signaler mes préférences, mais j'en ai vite manqué, me résolvant au sacrilège ultime de corner plusieurs pages (!)
Dès le préambule, l'auteur nous met en garde : nous sommes en transit vers une expérience tristement confidentielle. “La sueur des cargos”, en ouverture, réveille alors ma curiosité : “Comment peut-on survivre aux soleils qui se couchent, Sans aller voir jamais, vers l'occident lointain, La raison de leur fuite ?”.
Ensuite viennent les escales, nombreuses, où j'ai pris le temps de lire et de relire, pour ancrer dans mon âme la quintessence d'une plume à la fois forte et fragile. “Les chats”, “Entre gloire et misère”, “Mon plus bel horizon”, “La Grenouille revisitée”, “Le Coq et la Girouette”, pour ne citer que ceux-ci, ont coloré ma vie d'un heureux mélange d'émotions qui m'ont fait me sentir VIVANTE.
L'érudition et la culture littéraire de l'auteur donnent à ses textes une saveur particulière, une légitimité incontestable. Dans “La peur du silence” j'ai vu une allusion à l'allégorie de la Caverne, “La voix de Baudelaire” m'a donné la chair de poule. Les petits haïkus (dans leur forme pure et traditionnelle), qui se glissent dans les pages au rythme des saisons, sont comme des interludes, des pauses nécessaires pour laisser infuser les arômes des textes précédents.
Si “Quand vous viendrez chez moi…” est une invitation, alors je crois bien qu'en entrant dans ce recueil, j'ai poussé la porte de quelques-uns de vos jardins secrets.
Certains trouveront peut-être ce commentaire dithyrambique, mais il fallait bien ça, quand j'aime je ne compte pas. “La sueur des cargos” à trouvé sa place sur ma table de chevet, à côté des “Fleurs du mal”, car il est de ces œuvres qu'il faut garder près de soi comme un kit de survie, pour le simple plaisir, ou pour en cas d'urgence, se souvenir qu'avec des mots savamment agencés on peut rire ou pleurer, et souvent voyager vers d'autres horizons.
Je recommande vivement ce recueil à tous les rêveurs, les amoureux des mots, mélomanes de la rime. Je vous souhaite d'aller de ports en ports, respirer la sueur des cargos, écouter le chant de leurs sirènes puissantes.
Valérie BRISSAUD "Moi Samovar" éditions Librinova
Catégorie L'Écho des mots
Dans la tête d'un cheval
Quelle jolie histoire nous offre ici Valérie Brissaud !
À l'instar d'une communicante animalière, l'auteure se glisse dans la tête de Samovar, un cheval magnifique à la robe d'ébène, pour nous livrer sa vision du monde et des humains.
Les personnages secondaires sont attachants mais restent comme en retrait, laissant toujours Samovar, narrateur équin, sur le devant de la scène. Le monde des courses hippiques qui m'était inconnu est parfaitement décrit.
J'ai aimé découvrir la vie d'une écurie avec ses joies, ses peines et parfois ses drames. Les "échanges" entre Samovar et un certain philosophe (vous saurez qui en lisant l'histoire 😉), sont particulièrement savoureux.
Ces échanges ainsi que les pensées de Samovar ont comme un petit goût de morale que l'on retrouve à la fin des fables.
Une morale bienveillante qui évoque le bien-être de l'animal et son respect en tant que personne.
"Le cheval est la plus noble des conquêtes de l'homme".
Si beaucoup ont oublié cette citation de Buffon, Valérie Brissaud nous la rappelle et rend par son récit le plus beau des hommages à ce magnifique animal.
Corine Gonzales "Derrière ton nom" éditions Librinova
Catégorie L'Écho des mots
Une plongée en apnée dans les profondeurs de la maladie mentale
De la lecture de ce poignant récit de vie, je ressors à la fois triste, émue et heureuse pour l'auteure, qui semble avoir trouvé par son témoignage, un peu de paix dans son âme et dans son cœur.
Je me suis vite attachée aux membres de cette famille, à leurs personnalités singulières et hautes en couleurs. Bravo à l'auteure d'avoir su transcrire son vécu sur la maladie mentale avec élégance et dignité, sans rentrer dans le pathos, ni polémiquer sur la guerre d'Algérie.
Il faut beaucoup de courage pour écrire sur un vécu familial et se mettre à nu. On s'expose alors aux yeux de tous. Encore bravo et merci pour ce témoignage qui résonnera sans doute dans le cœur de personnes ayant vécu un drame similaire.
Rolande MOREAU "Vanille Fraise" éditions Maïa
Catégorie Voyages littéraires
Évasion et réflexion
Et voilà… Je referme Vanille Fraise après avoir lu la page des remerciements. Quel joli moment j'ai passé en compagnie de Brigitte et de ses amies !
Les nombreuses références cinématographiques, jusqu'aux dernières lignes, m'ont bien fait sourire ! Rolande Moreau est experte en jeux de mots, j'adore !
Je vous livre ici mon ressenti empreint de mon propre vécu.
Le ton badin et léger du récit est un vernis sous lequel se dévoilent des réalités souvent occultées, soit par ignorance, déni ou égocentrisme.
Les mésaventures de l'héroïne servent de prétextes à une plongée en douceur dans l'introspection et son lot de révélations sur l'âme humaine.
Mon compagnon est guadeloupéen et je connais bien son île. J’avais la crainte, en entamant ma lecture, de tomber sur les clichés touristiques habituels.
Mais loin d'y succomber, l'auteure connaît parfaitement son sujet. Elle les révèle, s'en empare, et évoque avec une grande intelligence le côté sombre, loin des photos de cartes postales, de la vie sous les cocotiers.
Ici pas de ton accusateur ou moralisateur, mais une réflexion juste et sensée sur le colonialisme et la traite des noirs, qui pourraient peut-être éclairer certaines âmes obtuses sur la “légitimité” d'un racisme anti blanc, que l'on peut rencontrer parfois aux Antilles et dont j'ai fait les frais en tant que couple mixte.
Ces considérations historiques mises à part, j'ai adoré retrouver les paysages et la gastronomie de la Guadeloupe et je me suis bien amusée des drôles d’aventures de ces copines en goguette.
Vanille Fraise laisse en bouche bien d'autres parfums que ceux de son titre. C'est une très belle réflexion sur l'amitié, l'amour, la vie, le deuil et l'histoire d'un peuple, teintée de nombreux clins d'œil humoristiques savoureux !
15 jours, c'est trop peu, j'aurais aimé que ces vacances durent plus longtemps, et découvrir d'autres facettes de ces femmes attachantes, qui feront écho en beaucoup d'entre nous.
Bravo à l'auteure pour ce premier roman qui a comme un goût de trop peu ou de reviens-y . Vous l'aurez compris, je recommande fortement la lecture de Vanille Fraise à ceux qui connaissent la Guadeloupe, (et plus fortement à ceux qui voudraient la découvrir), et à tous ceux en quête d'évasion, de beaux sentiments et de folles aventures entre filles.
Christian Gastou "Motu'ora" éditions Forbidden Éditions
Catégorie Voyage littéraire
J'en redemande !
J'ai vécu très longtemps en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie et Motu'ora m'a tout d'abord interpellée par les termes et le vocabulaire employés. En tahitien les motus sont des Îlots, les pirogues des vaa et la mangrove est partie inhérente du paysage. J'ai eu l'agréable sensation de retourner chez moi, avant que le récit rythmé au suspens allant en crescendo ne me captive entièrement.
Il y a dans cette fabuleuse histoire, des parfums de dystopie, de science-fiction et d'utopie, sur fond d'intelligence artificielle et de ce qu'elle peut apporter de bon comme de moins bon à l'humanité.
J'y ai perçu également de par mon vécu, comme un rappel à l'histoire et à la colonisation des peuples du Pacifique. L'auteur manie sa plume en virtuose, aussi bien qu'un capitaine de Vak gouverne son bateau.
J'ai aimé les annotations concernant le jargon propre aux marins pour qui est étranger au monde de la mer. Le récit est extrêmement bien construit, les chapitres s'enchaînant dans un rythme soutenu qui tient en haleine.
J'ai adoré votre histoire monsieur Gastou, j'espère vivement une suite pour retrouver les Oriliens et pourquoi pas une adaptation cinématographique ?
Serais-je en train de devenir fan ? ;)
Je recommande fortement cette lecture vous l'aurez compris ☺️
Claude Huyghues-Beaufond "Réinitialisation" éditions Maïa
Catégorie L'Écho des mots
Agréable surprise !
Que dire de ce roman ? Le premier chapitre m'a, je l'avoue, décontenancée. J'ai dû à maintes reprises interroger ce cher Google pour éclairer mes lacunes en théologie. Un petit lexique angélologique n'aurait pas été de refus .
Et puis je suis entrée dans cette histoire déroutante et je n'ai pas pu la lâcher. Novice dans la lecture de ce genre littéraire, je me suis laissée portée par la curiosité de savoir où me mènerait l'intrigue.
Les thématiques abordées vont de la politique en passant par la mécanique quantique, les mathématiques (passage assez ardu pour une allergique aux chiffres), l'écologie et le fanatisme religieux; sur fond de sorcellerie vaudou (passages délicieusement drôles, Suzane tu es ma préférée ), et de combat entre le Bien et le Mal.
On pourrait craindre se perdre dans l'évocation de tous ces concepts, mais le tout est savamment agencé et parfaitement cohérent. L'auteur livre ici un texte engagé qui dénonce les dérives sociétales.
La plume est affûtée, incisive, et virevolte entre différents niveaux de langage. On passe d'une savoureuse gouaille populaire à un vocabulaire plus soutenu, au gré de dialogues entre les personnages aux caractères bien trempés.
J'ai trouvé la fin un peu abrupte et précipitée, j'aurais aimé aller plus loin sur le devenir de ces héros et héroïnes (et oui, ici on joue collectif), hauts en couleurs et finalement pas si atypiques. Ou peut-être, déconcertée par le début, me suis-je laissée convaincre petit à petit, comme lorsque l'on goûte une saveur inconnue, qui devient de plus en plus agréable au fil des bouchées, et que l'on termine le plat en disant : encore !
Je recommande cet ouvrage à tous les férus de métaphysique. Il leur donnera peut-être certaines réponses, à des questions qu'ils ne se posaient pas.
Sophie HERRAULT "En quête d'un héritage de valeur"
SH éditions
Catégorie Voyage littéraire
Un roman qui fait du bien.
Quand j'ai terminé la lecture de “En quête d'un héritage de valeur”, j'ai pris le temps de laisser infuser l'histoire avant d'exprimer mon ressenti. Un temps nécessaire, car l'auteure nous livre ici un véritable enseignement. Ou plutôt, des enseignements.
Mathilde CAILLET "Préhiver"
BoD Éditions
Catégorie L'Écho des mots
Un recueil pas comme les autres !
Et voilà, je referme “Préhiver” pour la deuxième fois.
Car oui, il m'aura fallu deux lectures de ce petit recueil de textes pour en comprendre et apprécier toute l'essence. Je vous livre ici mon ressenti.
La couverture est à la fois très belle et trompeuse sans l'être. Les feuilles d'automne dans un petit bocal en verre posé près d'une fenêtre, inspirent un sentiment de quiétude et de sérénité, promesse d'une lecture cocooning au coin de la cheminée à l'aube des premiers frimas.
Et puis, en y regardant de plus près, j'ai remarqué l'eau au pied du bocal. Je me suis alors demandé s'il était à l'intérieur ou à l'extérieur de la fenêtre (?). Les volutes de fumée vaporeuses ont rajouté à mon trouble et je me suis dit que ce recueil, ne serait peut-être pas celui que j'imaginais. La lecture de la 4ème de couverture, du petit communiqué de presse glissé dans l'ouvrage, ainsi que de l'avant-propos m'a confirmé qu'il ne faut pas se fier aux apparences.
Novice dans la lecture de ce genre littéraire, j'avoue avoir été très déstabilisée par la quasi absence de ponctuation dans la plupart des textes. La puriste que je suis, revenant souvent en arrière en quête de débuts et fins de phrases ou d'idées, me demandant à qui attribuer telle ou telle pensée (?)
Chose qui a beaucoup pollué et perturbé ma lecture ! Je me suis alors documentée sur la “poésie slam” et j'ai compris que cet art est avant tout oratoire et destiné à être plus déclamé que lu.
J'ai donc repris ma lecture, lisant les textes à voix haute, en m'attachant plus au fond qu'à la forme.
Et bien m'en a pris ! J'ai découvert de véritables pépites ! Déjà, l'ouvrage débute par une citation de Pierre Rabhi, dont le livre “Vers la sobriété heureuse”, m'avait profondément marquée. Et là je me suis dit, hum ça commence bien !
Le premier texte, “L'éveil de Paul-Émile”, donne d'entrée, le ton du recueil et encore une fois, résonne en moi à titre personnel (mon père ayant été cuisinier pour une mission scientifique de Paul-Émile Victor aux îles Kerguelen). J'adore ces petites coïncidences...Dans ce texte, l'auteure dénonce la nécessité ressentie par certain(e)s d'évoluer entre déculturation et acculturation, pour simplement vivre sans être stigmatisé. Où quand un prénom fait toute la différence... Quelques touches d'humour et clins d'œil à certaines réparties politiciennes devenues cultes, m'ont fait sourire et viennent alléger le poids de cette triste réalité dépeinte par Mathilde Callet.
“ Il avait traversé des rues 😉
Des boulevards et des avenues
Tournait en rond sur le carrefour giratoire
Au passage était cloué lors d'entretiens discriminatoires…”
Et puis, les textes se suivent : le deuil, la misère, le handicap, la vieillesse…se tenant par la main dans une farandole profondément humaine.
“Préhiver” est un mélange de satire sociale aux accents de pamphlet (“Deux hommes pleurent leur mort”) et de douce poésie comme dans le texte éponyme “Préhiver”.
Mon texte préféré est “Jeune Ruisselet”. L'auteure y dresse un fidèle portrait de toutes les formes de préjugés, a priori, délits de faciès et jugements, dont l'homme peut se montrer capable et coupable.
Très sensible à la cause animale, le texte “Moi…Le délaissé” m'a aussi beaucoup émue.
“Préhiver”, c'est le constat d'une humanité de plus en plus nombriliste, narcissique, en quête perpétuelle de reconnaissance, à l'ère des réseaux sociaux, où le nombre de like ou de vues déterminent une existence.
Mais “Préhiver” c'est aussi de très jolis mots (“Des odeurs plein la tête”, “Un temps élastique”), une mise en garde et un appel au réveil d'une conscience collective (“Cultivez votre jardin”), indispensable à la survie de l'humanité.
Peut-être ce bocal de la couverture est-il en fin de compte à l'intérieur (?) Côté cœur, baignant dans l'eau des pleurs de nos vicissitudes. Les volutes de fumée symbolisant l'heureuse impermanence des choses, chère au bouddhisme. Nous rappelant que rien n'est figé et que tout peut changer si l'on s'en donne les moyens.
Je conseille vivement la lecture de ce petit recueil à qui souhaite se reconnecter à la vraie vie et aux valeurs fondamentales de l'existence. Mille mercis à Mathilde Callet pour ces piqûres de rappel, tantôt douces ou véhémentes, qui m'ont donné l'envie d'aller respirer “Le parfum embaumant des tournesols fleuris” 😉.